Le 1er Ehpad’athlon… à Dijon !

4 étudiants (Pruntha, Madeline, Sébastien et Kévin) en master 2 Activités Physiques Adaptées au sein de l’UFR Staps de Dijon ont décidé de relever un véritable challenge : faire de leur projet de groupe un tournoi inter-EHPAD d’activités physiques adaptées bien dénommé Ehpad’athlon !
Accompagnés par France Mourey (Pr) et Celia Ruffino (Dr), ils ont proposé une journée dédiée aux plus vulnérables qui a vu s’affronter 16 équipes composées de 4 à 6 résidents de différents EHPAD de Côte d’Or à travers 9 ateliers :
 Pétanque memory, Equilibrez votre assiette (parcours avec une balle dans une assiette), Dans le mille (lancers dans cibles), Parcours moteur, En un tour de main (parcours d’une balle sur une table à relief), Questions pour un champion, Senior Games (jeux en bois de dextérité manuelle destinés aux personnes âgées crées par Hugo Boyer présent lors de l’événement), Shoot basket et Projet MAAMI (utilisation de jeux numériques pour travers les aspects cognitifs de l’action).

Cette journée retiendra le sourire de plus de 70 personnes âgées, l’ambiance chaleureuse et la complicité entre les étudiants, les soignants accompagnants et les résidents. Cet événement aura également permis une sensibilisation sur l’importance de l’activité physique à tous les âges de la vie et plus particulièrement lors de l’avancée en âge.
Chaque équipe a eu l’honneur d’être récompensée par Françoise Tenenbaum, adjointe au maire de Dijon, qui a clôturé la journée en donnant rendez-vous l’année prochaine !

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#Interpro… Que fait le/la Neuropsy en EHPAD?

Camille Labart est neuropsychologue sur Gap. Elle nous propose un petit topo sur son évaluation des capacités cognitives en EHPAD, merci Camille !

Dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD), des tests d’exploration rapide du fonctionnement cognitif peuvent être utilisés par le psychologue-neuropsychologue afin de déterminer la présence et de suivre l’évolution des troubles cognitifs du résident.

Les tests utilisés sont rapides et permettent d’appréhender de manière globale le fonctionnement cognitif du résident, ses capacités préservées et ses capacités altérées. Les tests majoritairement utilisés sont :

  • Le Mini-Mental State Examination (MMSE). Ce test permet une évaluation rapide de l’atteinte cognitive du résident et de la sévérité de la démence. Il évalue l’orientation temporo-spatiale, les capacités de mémoire à court terme, de mémoire de travail, la mémoire épisodique, le calcul et le langage (expression et compréhension orale, expression et compréhension écrite) et les praxies visuo-constructives. Le score obtenu est global et permet de définir un « stade » dans les troubles cognitifs : un score compris entre 20 et 30 définit une démence légère, un score entre 15 et 19 définit une démence modérée, un score de 10 à 14 une démence modérément sévère, un score de 2 à 10 une démence sévère et un score < 2 une démence très sévère. Il est possible d’observer une « évolution rapide » lorsque le résident perd plus de 3 points en 6 mois ou moins.
  • Le Test de l’Horloge. Il est demandé au résident d’insérer les chiffres dans le cadran d’une horloge, afin de dessiner les aiguilles indiquant une certaine heure. Ce test permet d’évaluer les capacités visuo-constructives et de planification. Tout point perdu est pathologique.
  • Les 5 mots de Dubois. Il est demandé au résident d’apprendre une liste de 5 mots, puis de les restituer après une tâche interférente. Ce test évalue les capacités mnésiques épisodiques. Un trouble de la mémoire semble être présent dès qu’un mot a été oublié.
  • Le Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Ce test permet d’évaluer le fonctionnement exécutif de manière plus approfondie que le MMSE. Il évalue, dans les fonctions exécutives, les capacités de flexibilité mentale, d’évocation verbale et d’abstraction de concepts. Il évalue également les capacités visuo-constructives, de dénomination, de mémoire, d’attention et l’orientation temporo-spatiale. Le nombre de points maximum est de 30, un score de 26 et plus est considéré comme efficient.
  • La Batterie rapide d’efficience frontale (BREF) permet une évaluation spécifique des troubles exécutifs. Ce test évalue les capacités d’évocation verbale, de préhension, de programmation motrice, de flexibilité mentale et de contrôle inhibiteur moteur. Un score < 16 est considéré comme anormal.

Le psychologue-neuropsychologue en EHPAD peut également être amené à utiliser des tests permettant l’évaluation des troubles comportementaux dans les démences :

  • L’inventaire Neuropsychiatrique (NPI) est réalisé en présence de l’équipe soignante impliquée dans la prise en charge du résident. Il permet de déterminer la présence, la fréquence et la gravité de troubles comportementaux comme les idées délirantes, les hallucinations, l’agitation/agressivité, la dépression/dysphorie, l’anxiété, l’exaltation de l’humeur/euphorie, l’apathie/indifférence, la désinhibition, l’irritabilité/trouble de l’humeur, les comportements moteurs aberrants, les trouble du sommeil ou encore les troubles de l’appétit.

Ces évaluations cognitives et comportementales rapides en EHPAD permettent notamment d’objectiver certaines observations faites par les équipes soignantes qui accompagnent au quotidien le résident. Elles permettent de mieux comprendre et d’appréhender le fonctionnement du résident afin d’adapter sa prise en charge et son accompagnement dans sa vie quotidienne et ses activités. Ces évaluations peuvent également avoir des objectifs tels que confirmer ou infirmer la nécessité d’accueillir un résident en « unité spécifique protégée » ou de lui permettre de bénéficier d’une prise en charge en pôle d’activités et soins adaptés (PASA).

Retour sur les JFK 2019!!!

Les JFK 2019 se sont déroulées la semaine dernière à Montpellier ; une superbe aventure pour la physiothérapie francophone avec 2200 congressistes dans une très belle ambiance : des professionnels détendus mais déterminés à progresser ensemble.

La rééducation gériatrique était bien présente lors de ce congrès de la Société Française de Physiothérapie: le comité scientifique, notamment emmené par Thomas Rulleau, le GI gériatrie et la SFKV ont permis la réalisation d’un grand nombre de conférences ou d’ateliers en lien avec la rééducation des personnes âgés fragiles :

  • France Mourey nous a fait l’honneur d’une conférence plénière sur le thème : “Quelle physiothérapie pour la France qui vieillit? “
  • Marine Brika pour l’atelier “Évaluer la peur de tomber” ; la communication libre “Contrôle postural statique, compensations et fragilité”; la communication croisée SFKV GI Gériatrie “Multisensorialité chez la personne âgée fragile : entre visuo et podo-dépendance”
  • Alexandre Kubicki pour la communication libre “Test d’anticipation chez les patients âgés fragiles : fiabilité inter-évaluateurs” et la communication croisée SFKV GI Gériatrie : “Triage du patient âgé instable, vers une rééducation gériatrique ou vestibulaire?”
  • Elisabetta Farina en session GI Gériatrie : “Approche motrice des troubles cognitifs liés au vieillissement”.
  • Thomas Rulleau en session GI Gériatrie : “Evaluation du système sensori-moteur par imagerie motrice implicite”
  • Mariama Bah en session GI Gériatrie : “Revue de littérature sur l’intérêt de l’imagerie motrice chez le senior”
  • Dominique Gerbaulet lors d’une communication croisée SFKV GI Gériatrie : “Prise en charge vestibulaire du patient âgé”.
  • Lauriane Pinloche en communications libres : “Méthode d’évaluation de la reproductibilité pour les mesures de force et de souplesse cervicale chez les seniors” et “Étude de faisabilité : mise en place d’un bilan ambulatoire au sein d’EHPAD. Analyse des données du plan sagittal.”
  • A. Roren en communication libre : “Impact d’un programme de prévention des chutes sur les paramètres spatio-temporels de la marche chez la personne âgée.”
  • Julie Soulard en communication libre : “Effets de l’âge sur les paramètres spatio-temporels de marche lors du test de marche de 6 minutes instrumenté. “
  • A. Marchand : “Élaboration d’un outil d’évaluation de l’autonomie motrice pour patients gériatriques à mobilité réduite durant hospitalisation : grille PMR”.

ET plein de communications d’étudiant(e)s sur-motivé(e)s

Tous les résumés des communications libres sont à retrouver sur le numéro 206 (février) de Kinésithérapie La Revue.

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Bouge tes chevilles !

Rdv sur le widget “vidéo” à droite (ordi) ou en bas (téléphone)

Une nouvelle vidéo avec quelques astuces pour entretenir ou développer la mobilité des chevilles si souvent impliquée dans les contraintes mécaniques et tellement importante pour les activités locomotrices.


Happy 2019 !

L’équipe de P4F vous souhaite une très belle année 2019!

Pour rester motivé, pensons à cette citation célèbre d’Albert Einstein à propos de “l’équilibre dynamique” de la vie:

“La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre”.

Profitez bien de cette nouvelle année et ensemble, avançons pour les patients fragiles !

How to… évaluer la peur de tomber

Notre dernier billet concernait la peur de tomber, véritable composante émotionnelle à envisager pour toute rééducation des fonctions motrices… Marine Brika propose une classification des échelles actuellement existantes. N’hésitez pas à commenter pour partager vos expériences sur ce sujet !

Malgré sa récurrence, le constat aujourd’hui est l’absence ou la faible évaluation de la peur de tomber. L’évaluation de cette peur représente pourtant une étape indispensable notamment en vue de suivre son évolution. A cet effet, il existe plusieurs échelles :

L’infographie est ICI

A bientôt !

Focus sur la Peur de Tomber

La peur de tomber est définie comme une inquiétude, plus ou moins marquée, d’une personne face au risque de tomber limitant la performance dans les activités de la vie quotidienne (Tinetti, 1993). Elle est fréquemment retrouvée chez les patients âgés fragiles et est omniprésente chez les patients présentant un syndrome de désadaptation psycho-motrice.

Sa prévalence est très variable en raison de la diversité des échelles d’évaluation utilisées (Mourey et al., 2009). Celle-ci fluctue entre 20,8 et 85% dans les études incluant une population d’âge supérieur à 60 ans, indépendante vivante à domicile (Scheffer et al., 2008). Cette prévalence se situe entre 29 et 92 % dans la population âgée chuteuse (Jorstad et al., 2005).

Il est intéressant de noter que le taux de prévalence le plus élevé est retrouvé chez les individus vivant en institution (Kempen et al., 2007). Les études notifient également que cette peur survient plus souvent chez les femmes que chez les hommes (Vellas et al., 1997, Kempen et al. 2007).

Les étiologies de la peur de tomber semblent multiples. En effet, si la chute peut en être un facteur déclenchant, elle n’est pas systématiquement retrouvée dans les antécédents (Mourey et al., 2009). Cette peur est notamment responsable d’une inhibition motrice pouvant conduire à une perte des automatismes moteurs (Hauer et al., 2011 ; Delbaere et al., 2004). De plus, il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette peur sur la restriction sociale chez le sujet âgé (Cuming et al., 2000).

Mais comment évaluer cette peur de tomber chez vos patients ? La réponse dans quelques jours sur P4F…

 

 

Vous reprendrez bien un peu de relevé de sol ?

L’utilisation des outils d’apprentissages moteurs implicites (images, application MAAMI, vidéos…) peuvent être utilisées sous une modalité observation / imitation.

Il est intéressant d’utiliser ces outils en position assise au sol.

Pour les patients présentant un déficit de planification, il est important d’insister sur le déplacement à 4 pattes car ceux-ci présentent une stratégie de déplacement au sol de type ramper sur les fesses (= stratégie couteuse en énergie et ne permettant pas un déplacement important).

 

How to…. Rééduquer le relever du sol chez la personne âgée fragile ?

La rééducation du relever du sol diffère selon si l’incapacité provient d’une prédominance de contraintes biomécaniques ou d’un déficit de planification.

Cas n°1 : le patient n’arrive pas à se relever en raison de contraintes biomécaniques de type articulaires

  • Rééducation = travail principalement de la mobilité de cheville (mobilisations actives, passives, étirements…. Cf onglet document pour les patients, puis onglet assouplir ses chevilles)

Cas n°2 : le patient n’arrive pas à se relever en raison de contraintes biomécaniques de type musculaires

  • Rééducation = travail des MS ou des MI en chaîne fermée (à cet effet, il est possible d’utiliser la répétition d’étapes spécifiques du relever du sol : par exemple passage de la position chevalier servant à debout pour les MI).

Cas n°3 : le patient n’arrive pas à passer à 4 pattes en raison d’une difficulté à transférer le poids du corps

  • Rééducation : travail de l’optimisation des points d’appuis en particulier au niveau des MS

Cas n°4 : le patient n’arrive pas à se relever en raison d’un déficit de planification = le patient ne sait plus comment se relever

  • Les modalités d’exercice divergent selon les capacités cognitives des patients.

 

Pour les patients sans trouble cognitif, le réapprentissage du relever du sol peut être réalisé avec des exercices privilégiant l’utilisation des consignes et la verbalisation des différentes étapes.

Pour les patients avec troubles cognitifs, il faut privilégier l’apprentissage moteur implicite à travers des exercices de puzzle moteur de relever du sol ou d’observation de vidéos par exemple:

Let’s Go !!

 

 

 

 

 

 

How to… évaluer le relever du sol chez la personne âgée fragile ?

Avant d’évoquer les notions relatives à l’évaluation du relever du sol, il convient de rappeler l’importance de l’évaluation et de la rééducation du relever du sol afin de prévenir une éventuelle chute et surtout d’éviter les conséquences de la station prolongée au sol (hypothermie, pneumopathie, escarres, rhabdomyolyse, syndrome de désadaptation psycho-motrice, institutionnalisation…) pouvant mener à de lourdes conséquences.

 

L’évaluation se réalise souvent à partir de la position assise au sol. Elle doit être réalisée chez toute personne âgée fragile sauf si celle-ci présente une contre-indication (= désadaptation majeure à l’effort, déficit musculaire important au niveau des membres inférieurs, amplitude de flexion de genou <90°, anomalies graves de coordination et de planification).

 

La séquence motrice pour se relever comporte plusieurs étapes :

Position assis plage => quadrupédie => genoux dressés => chevalier servant => debout

2 causes majeures d’impossibilité à se relever sont retrouvées : une prédominance de contraintes biomécaniques ou un déficit de planification.

Cliquez ci-dessous pour télécharger une aide au raisonnement lors de l’évaluation du relever du sol :

http://physio-4-frail.com/wp-content/uploads/2018/09/Organigramme-RS.jpg