#Interpro… Que fait le/la Neuropsy en EHPAD?

Camille Labart est neuropsychologue sur Gap. Elle nous propose un petit topo sur son évaluation des capacités cognitives en EHPAD, merci Camille !

Dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD), des tests d’exploration rapide du fonctionnement cognitif peuvent être utilisés par le psychologue-neuropsychologue afin de déterminer la présence et de suivre l’évolution des troubles cognitifs du résident.

Les tests utilisés sont rapides et permettent d’appréhender de manière globale le fonctionnement cognitif du résident, ses capacités préservées et ses capacités altérées. Les tests majoritairement utilisés sont :

  • Le Mini-Mental State Examination (MMSE). Ce test permet une évaluation rapide de l’atteinte cognitive du résident et de la sévérité de la démence. Il évalue l’orientation temporo-spatiale, les capacités de mémoire à court terme, de mémoire de travail, la mémoire épisodique, le calcul et le langage (expression et compréhension orale, expression et compréhension écrite) et les praxies visuo-constructives. Le score obtenu est global et permet de définir un « stade » dans les troubles cognitifs : un score compris entre 20 et 30 définit une démence légère, un score entre 15 et 19 définit une démence modérée, un score de 10 à 14 une démence modérément sévère, un score de 2 à 10 une démence sévère et un score < 2 une démence très sévère. Il est possible d’observer une « évolution rapide » lorsque le résident perd plus de 3 points en 6 mois ou moins.
  • Le Test de l’Horloge. Il est demandé au résident d’insérer les chiffres dans le cadran d’une horloge, afin de dessiner les aiguilles indiquant une certaine heure. Ce test permet d’évaluer les capacités visuo-constructives et de planification. Tout point perdu est pathologique.
  • Les 5 mots de Dubois. Il est demandé au résident d’apprendre une liste de 5 mots, puis de les restituer après une tâche interférente. Ce test évalue les capacités mnésiques épisodiques. Un trouble de la mémoire semble être présent dès qu’un mot a été oublié.
  • Le Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Ce test permet d’évaluer le fonctionnement exécutif de manière plus approfondie que le MMSE. Il évalue, dans les fonctions exécutives, les capacités de flexibilité mentale, d’évocation verbale et d’abstraction de concepts. Il évalue également les capacités visuo-constructives, de dénomination, de mémoire, d’attention et l’orientation temporo-spatiale. Le nombre de points maximum est de 30, un score de 26 et plus est considéré comme efficient.
  • La Batterie rapide d’efficience frontale (BREF) permet une évaluation spécifique des troubles exécutifs. Ce test évalue les capacités d’évocation verbale, de préhension, de programmation motrice, de flexibilité mentale et de contrôle inhibiteur moteur. Un score < 16 est considéré comme anormal.

Le psychologue-neuropsychologue en EHPAD peut également être amené à utiliser des tests permettant l’évaluation des troubles comportementaux dans les démences :

  • L’inventaire Neuropsychiatrique (NPI) est réalisé en présence de l’équipe soignante impliquée dans la prise en charge du résident. Il permet de déterminer la présence, la fréquence et la gravité de troubles comportementaux comme les idées délirantes, les hallucinations, l’agitation/agressivité, la dépression/dysphorie, l’anxiété, l’exaltation de l’humeur/euphorie, l’apathie/indifférence, la désinhibition, l’irritabilité/trouble de l’humeur, les comportements moteurs aberrants, les trouble du sommeil ou encore les troubles de l’appétit.

Ces évaluations cognitives et comportementales rapides en EHPAD permettent notamment d’objectiver certaines observations faites par les équipes soignantes qui accompagnent au quotidien le résident. Elles permettent de mieux comprendre et d’appréhender le fonctionnement du résident afin d’adapter sa prise en charge et son accompagnement dans sa vie quotidienne et ses activités. Ces évaluations peuvent également avoir des objectifs tels que confirmer ou infirmer la nécessité d’accueillir un résident en « unité spécifique protégée » ou de lui permettre de bénéficier d’une prise en charge en pôle d’activités et soins adaptés (PASA).