How to… évaluer la peur de tomber

Notre dernier billet concernait la peur de tomber, véritable composante émotionnelle à envisager pour toute rééducation des fonctions motrices… Marine Brika propose une classification des échelles actuellement existantes. N’hésitez pas à commenter pour partager vos expériences sur ce sujet !

Malgré sa récurrence, le constat aujourd’hui est l’absence ou la faible évaluation de la peur de tomber. L’évaluation de cette peur représente pourtant une étape indispensable notamment en vue de suivre son évolution. A cet effet, il existe plusieurs échelles :

L’infographie est ICI

A bientôt !

Focus sur la Peur de Tomber

La peur de tomber est définie comme une inquiétude, plus ou moins marquée, d’une personne face au risque de tomber limitant la performance dans les activités de la vie quotidienne (Tinetti, 1993). Elle est fréquemment retrouvée chez les patients âgés fragiles et est omniprésente chez les patients présentant un syndrome de désadaptation psycho-motrice.

Sa prévalence est très variable en raison de la diversité des échelles d’évaluation utilisées (Mourey et al., 2009). Celle-ci fluctue entre 20,8 et 85% dans les études incluant une population d’âge supérieur à 60 ans, indépendante vivante à domicile (Scheffer et al., 2008). Cette prévalence se situe entre 29 et 92 % dans la population âgée chuteuse (Jorstad et al., 2005).

Il est intéressant de noter que le taux de prévalence le plus élevé est retrouvé chez les individus vivant en institution (Kempen et al., 2007). Les études notifient également que cette peur survient plus souvent chez les femmes que chez les hommes (Vellas et al., 1997, Kempen et al. 2007).

Les étiologies de la peur de tomber semblent multiples. En effet, si la chute peut en être un facteur déclenchant, elle n’est pas systématiquement retrouvée dans les antécédents (Mourey et al., 2009). Cette peur est notamment responsable d’une inhibition motrice pouvant conduire à une perte des automatismes moteurs (Hauer et al., 2011 ; Delbaere et al., 2004). De plus, il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette peur sur la restriction sociale chez le sujet âgé (Cuming et al., 2000).

Mais comment évaluer cette peur de tomber chez vos patients ? La réponse dans quelques jours sur P4F…

 

 

Vous reprendrez bien un peu de relevé de sol ?

L’utilisation des outils d’apprentissages moteurs implicites (images, application MAAMI, vidéos…) peuvent être utilisées sous une modalité observation / imitation.

Il est intéressant d’utiliser ces outils en position assise au sol.

Pour les patients présentant un déficit de planification, il est important d’insister sur le déplacement à 4 pattes car ceux-ci présentent une stratégie de déplacement au sol de type ramper sur les fesses (= stratégie couteuse en énergie et ne permettant pas un déplacement important).

 

How to…. Rééduquer le relever du sol chez la personne âgée fragile ?

La rééducation du relever du sol diffère selon si l’incapacité provient d’une prédominance de contraintes biomécaniques ou d’un déficit de planification.

Cas n°1 : le patient n’arrive pas à se relever en raison de contraintes biomécaniques de type articulaires

  • Rééducation = travail principalement de la mobilité de cheville (mobilisations actives, passives, étirements…. Cf onglet document pour les patients, puis onglet assouplir ses chevilles)

Cas n°2 : le patient n’arrive pas à se relever en raison de contraintes biomécaniques de type musculaires

  • Rééducation = travail des MS ou des MI en chaîne fermée (à cet effet, il est possible d’utiliser la répétition d’étapes spécifiques du relever du sol : par exemple passage de la position chevalier servant à debout pour les MI).

Cas n°3 : le patient n’arrive pas à passer à 4 pattes en raison d’une difficulté à transférer le poids du corps

  • Rééducation : travail de l’optimisation des points d’appuis en particulier au niveau des MS

Cas n°4 : le patient n’arrive pas à se relever en raison d’un déficit de planification = le patient ne sait plus comment se relever

  • Les modalités d’exercice divergent selon les capacités cognitives des patients.

 

Pour les patients sans trouble cognitif, le réapprentissage du relever du sol peut être réalisé avec des exercices privilégiant l’utilisation des consignes et la verbalisation des différentes étapes.

Pour les patients avec troubles cognitifs, il faut privilégier l’apprentissage moteur implicite à travers des exercices de puzzle moteur de relever du sol ou d’observation de vidéos par exemple:

Let’s Go !!

 

 

 

 

 

 

How to… évaluer le relever du sol chez la personne âgée fragile ?

Avant d’évoquer les notions relatives à l’évaluation du relever du sol, il convient de rappeler l’importance de l’évaluation et de la rééducation du relever du sol afin de prévenir une éventuelle chute et surtout d’éviter les conséquences de la station prolongée au sol (hypothermie, pneumopathie, escarres, rhabdomyolyse, syndrome de désadaptation psycho-motrice, institutionnalisation…) pouvant mener à de lourdes conséquences.

 

L’évaluation se réalise souvent à partir de la position assise au sol. Elle doit être réalisée chez toute personne âgée fragile sauf si celle-ci présente une contre-indication (= désadaptation majeure à l’effort, déficit musculaire important au niveau des membres inférieurs, amplitude de flexion de genou <90°, anomalies graves de coordination et de planification).

 

La séquence motrice pour se relever comporte plusieurs étapes :

Position assis plage => quadrupédie => genoux dressés => chevalier servant => debout

2 causes majeures d’impossibilité à se relever sont retrouvées : une prédominance de contraintes biomécaniques ou un déficit de planification.

Cliquez ci-dessous pour télécharger une aide au raisonnement lors de l’évaluation du relever du sol :

http://physio-4-frail.com/wp-content/uploads/2018/09/Organigramme-RS.jpg

How to… stimuler les capacités restantes lors des transferts (BONS GESTES 3/3)

La 3ème et dernière partie de notre série “Bons Gestes” avec une infographie à télécharger ici : BONS GESTES 3 pour affiner votre technique lors des transferts Assis-Debout et Debout-Assis. Une approche pragmatique et efficace pour stimuler les capacités restantes et faire de la rééducation au lieu de faire de la manutention !

Une illustration de la prise “pouce dans le pouce”

A bientôt pour de nouvelles aventures autour du … relevé de sol !!!

N’hésitez pas à commenter, donner vos avis et retour d’expériences 😉

How to… stimuler les capacités restantes lors des transferts (BONS GESTES 1/3)

Chez les sujets âgés fragiles, il existe un risque important de voir s’installer un oubli des programmes moteurs et posturaux (Mourey 2007). En pratique, un patient âgé fragile peut perdre rapidement la capacité à se lever d’un lit ou d’un fauteuil au bout de quelques jours d’inactivité ou dans les suites immédiates d’une chute.

Indépendamment des techniques de manutention bien connues, une approche gestuelle spécifique s’impose afin de préserver, en les sollicitant, les capacités motrices et posturales restantes des personnes âgées fragiles. Les modalités pratiques sont basées sur le respect du geste physiologique et sa répétition (Mourey 2011).

L’infographie disponible ici :  BONS GESTES 1  permet de définir le geste optimal, sa stimulation et les exercices de rééducation pour favoriser sa réussite.

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Merci Marine pour ces infographies, et à vos BONS GESTES !

How to rehab … La planification motrice

Marine revient en image sur la rééducation de la planification motrice !

Comment rééduquer la planification chez le sujet âgé fragile ?

La planification est un automatisme moteur le plus souvent inconscient, mais possiblement conscient. En rééducation, l’approche consciente de la planification est souvent utilisée, en fonction des capacités cognitives du patient.

Les principes de rééducation diffèrent selon ces capacités cognitives :

Patient sans trouble cognitif

Patient avec troubles cognitifs

Utilisation des consignes

jusqu’à l’automatisation (qui se travaille avec des exercices en double tâche)

Utilisation de l’observation d’action et de l’imitation

Imagerie motrice EXPLICITE = simulation mentale explicite du mouvement

(Saimpont 2013)

Imagerie motrice

IMPLICITE : techniques cognitives telle que la Graded Motor Imagery

(Moseley 2004)

 

Exemples d’exercices

Exercice n°1 : travail implicite de flexion du tronc (= sans consigne de se pencher en avant)

Consignes données au patient :

  • empiler les cônes de gauche sur le cône de gauche
  • poser une balle de tennis sur chaque cône posé au sol puis levez-vous

 

Exercice n°2 : reconstitution séquence motrice à l’aide d’images = imagerie motrice implicite

Exercice n°3 : reconstitution d’une séquence motrice avec une application numérique (photo de gauche = transfert couché-assis / photo de droite = séquence du relever du sol). Cette application gratuite est disponible sur le lien suivant : http://maami-appli.fr/

How to assess … La planification motrice ?

Qu’est-ce que la planification ?

La planification est l’étape nécessaire pour construire la base du programme moteur (Uno et al. 1989). Elle permet la gestion de l’enchainement des programmes moteurs.

La planification est liée au rôle moteur du cortex frontal au niveau cérébral.

Exemple : les différentes étapes à planifier lors du transfert assis-debout

    1 – Avancée des fesses

            2 – Recul des pieds

            3 – Inclinaison du tronc

            4 – Poussée simultanée sur les membres supérieurs et inférieurs

 

Quelles déficiences au niveau de la planification sont retrouvées lors du vieillissement ?

  • Angle du tronc réduit de moitié pendant les transferts assis-debout et debout-assis chez des sujets âgés fragiles (Hassani et al. 2015)
  • Déficit d’inclinaison du tronc chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (Manckoundia et al. 2006)
  • Difficultés pour retrouver les différentes étapes pour reconstituer un puzzle moteur du relever du sol (Saimpont et al. 2009)

 

Comment évaluer la planification chez le sujet âgé fragile ?

Cf EquiMoG (onglet Documents Physios) => 3 mouvements clés

  • Transfert assis-debout et Transfert debout-assis : la séquence motrice utilisée est optimale : la flexion du tronc représente une étape primordiale)
  • Demi-tour : L’un des deux pieds (en général celui de l’intérieur du virage) s’oriente en direction du demi-tour avant que la rotation du tronc n’intervienne (Akram et al 2010)

 

A vous d’évaluer !